acTTTus#14 – Le coup d’œil – 3e édition des Trophées de la Valorisation de la Recherche – Appel à candidature

Soutenue par la Région Occitanie et en partenariat avec l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées et le CNRS, la SATT Toulouse Tech Transfer lance la 3ème édition des Trophées de la Valorisation de la Recherche.
Cet évènement est destiné à mettre en lumière et à récompenser des personnels de la recherche publique de l’Occitanie Ouest ayant mené une action de valorisation remarquable avec le monde socio-économique.
Découvrez les lauréats 2020.
La remise des trophées de cette 3ème édition aura lieu le 30 novembre prochain à l’occasion d’un évènement réunissant la communauté de la recherche publique et de l’innovation.
Nous vous invitons à candidater d’ici le 22 septembre grâce à ce questionnaire en ligne rapide à compléter.
Votre candidature peut concerner l’une des 5 catégories suivantes :
  • COLLABORATION EN OCCITANIE: collaboration avec une entreprise régionale pour lui permettre d’innover.
  • PARTENARIAT REMARQUABLE: engagement avec une entreprise dans un travail de recherche à long terme ou disruptif.
  • TRANSFERT DE TECHNOLOGIE: résultat de recherche protégé et transféré à une entreprise qui a permis la réalisation d’une innovation.
  • CRÉATION D’ENTREPRISE: contribution à la création d’une start-up pour valoriser les résultats de sa recherche.
  • IMPACT SOCIAL/SOCIETAL:  opération de valorisation remarquable en matière sociale et sociétale.
Les lauréats de chacune des catégories recevront un prix multimédia et une large couverture médiatique.
Parmi l’ensemble des candidatures toutes catégories confondues, le jury désignera le GRAND PRIX MARTHE CONDAT, du nom de la 1ère femme agrégée de médecine. Le ou la lauréat.e recevra, outre un trophée original et une large couverture médiatique, des ressources matérielles de son choix à hauteur de 30 000 €.
Le jury (qui a signé un accord de confidentialité) est composé de représentants de l’écosystème d’innovation local (Région Occitanie, entrepreneur, créateur, investisseur, accompagnateur de l’innovation) et est présidé par le Grand Prix Marthe Condat de l’édition précédente.
Les critères sont :
  • L’exemplarité/la reproductibilité (« ce que j’ai fait, d’autres pourront le faire aussi »)
  • L’impact (« ma valorisation a eu un impact financier et/ou social et/ou partenarial »)
  • La motivation/l’enthousiasme (« je m’implique dans la valorisation de ma recherche »)
  • Une communication possible (« tout ou partie de mes résultats ne sont pas confidentiels »)
Candidatez avant le 22 septembre grâce à ce questionnaire en ligne rapide à compléter.
 

Edito de Nathalie Vergnole, Lauréate du Grand Prix Marthe Condat 2020

Nathalie Vergnolle, PhD, Pharmacologue, Directrice de l’Institut de Recherche en Santé Digestive, INSERM U1220, INRAE U1416.
Pur produit de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier où j’ai effectué l’ensemble de mon cursus, je suis ensuite partie au Canada, à l’Université de Calgary qui m’a offert mon premier poste de chercheur. J’y suis restée 10 ans, dans le département de Pharmacologie, à construire une équipe et un projet global de recherche fondamentale focalisé sur l’inflammation et la douleur de l’intestin. L’INSERM, que j’ai rejoint en qualité de Directrice de Recherche, m’a permis de poursuivre ce projet en France depuis un peu plus de 10 ans. A Toulouse, j’ai reconstruit une équipe, puis créé un institut de recherche académique travaillant sur la santé digestive : l’Institut de Recherche en Santé Digestive (IRSD).  Nous sommes un institut de recherche fondamentale, mais la valorisation et le transfert technologique sont au cœur de nos activités.
Les thérapies : moteur de notre recherche et moteur de valorisation
Pharmacologue de formation, la recherche qui s’effectue au sein de mon équipe vise à comprendre d’un point de vue moléculaire les mécanismes mis en jeu dans les pathologies inflammatoires et douloureuses. A partir de cette compréhension, la question majeure pour nous et notre plus grand enjeu est de proposer des approches thérapeutiques adaptées, qui ont pour but de traiter les pathologies et d’améliorer la qualité de vie des malades. Nous avons ce besoin absolu de voir que les connaissances que nous générons peuvent être utiles aux malades, c’est notre moteur!
Ainsi, au cours des années, que ce soit au Canada ou en France, nous avons identifié des cibles moléculaires, compris leurs mécanismes d’action, et tenté de transformer ces connaissances en valeurs thérapeutiques. Pour ce dernier aspect toutefois, il est impossible pour un laboratoire académique de le mener seul, nous n’en avons pas les compétences, ni les moyens. Le développement de thérapies et de médicaments c’est un métier à part entière. C’est donc là que les collaborations avec des industriels sont absolument majeures pour une valorisation complète de nos travaux. De nombreux partenariats se sont construits au cours des années entre mon équipe et des acteurs industriels. Ainsi par exemple, nous avons identifié le rôle et le mécanisme d’action de récepteurs activés par les protéases (les Protease-Activated Receptors ou PARs) dans l’inflammation et la douleur, puis nous avons travaillé avec plusieurs partenaires industriels qui ont développé des molécules ciblant ces récepteurs. Des premiers essais cliniques devraient être réalisés dans les prochains mois, grâce à CVasThera une compagnie biopharmaceutique spécialisée dans le développement clinique précoce. Cet essai prévu chez des patients atteints de maladie de Crohn (une maladie inflammatoire chronique de l’intestin), aura pour but de tester l’efficacité d’un antagoniste des PARs, sur l’inflammation et la douleur que subissent ces patients.
Transfert de Technologies : des histoires d’amitié et des rencontres
Les transferts de technologies issues d’un laboratoire de recherche académique, ce sont aussi des rencontres et des histoires d’amitiés.
En ce qui me concerne, c’est sur les bancs de l’Université de Toulouse, étudiante en 2eme année, que des liens d’amitié se sont noués avec Philippe Lluel, aujourd’hui PDG d’Urosphere, une société de recherche contractuelle qu’il a fondé à Toulouse et avec qui nous collaborons activement au développement de nouveaux modèles permettant d’effectuer des tests thérapeutiques.  Ensemble, nous avons développé par exemple des modèles de « mini-vessie » humaine, à partir de prélèvements effectués chez les patients, modèles sur lesquels l’efficacité de médicaments peut être testée. Ces modèles innovants constituent un pas de plus vers une médecine personnalisée, initiée dans un laboratoire de recherche public, son développement et son application sont portés par notre partenaire Urosphere. Cette association a non seulement permis des avancées technologiques, mais elle a conforté des positions industrielles, notamment en créant des emplois en région.
Une autre histoire est celle de la rencontre avec la société Biose, spécialiste mondial du microbiote humain. Nous venions de démontrer le rôle protecteur de l’Elafine, une petite protéine inhibitrice de protéases qui est produite en quantités insuffisantes chez les patients atteints de rectocolite hémorragique. Nous avons proposé de faire exprimer cette protéine par des bactéries « médicaments » dont nous avons démontré l’efficacité contre l’installation de l’inflammation chronique. La page suivante, c’est grâce aux scientifiques de Biose et de son incubateur Nexbiome qu’elle s’écrit, l’Elafine est recombinée dans leur bactérie probiotique, les études précliniques sont un succès et les tests chez l’homme peuvent démarrer.
Une course de relais
La valorisation et le transfert de technologies, je vois cela comme une course de relais. Chaque relayeur a son rôle à jouer, son parcours à accomplir, son témoin à transmettre. Plus il y a de confiance et d’échanges entre les relayeurs (chercheurs fondamentalistes, cliniciens, industriels), plus l’équipe est rapide et efficace. L’accompagnement des sociétés d’accélération de transfert est évidemment un élément majeur de la réussite de la course, comme l’est le soutien financier des institutions. Le choix de la région Occitanie de fortement soutenir les actions de valorisation et de transfert de technologies a été un élément déterminant de la réussite de nos recherches.
  ACTUALITE DE L’EQUIPE DE NATHALIE VERGNOLLE
L’équipe vient de faire la découverte que les cellules épithéliales intestinales étaient capables de synthétiser une forme d’Elastase épithéliale : l’ELA2A. Cette protéase est sévèrement dérégulée chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique), où elle participe à la perte de la fonction de barrière et à la genèse de signes inflammatoires. Ces résultats qui mettent en évidence l’ELA2A comme nouvelle cible thérapeutique dans le traitement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin viennent d’être publiés (Motta et al. Mucosal Immunol. 2021) et ont fait la couverture du journal (voir photo). Ces résultats ont également fait l’objet d’un dépôt de brevet.