acTTTus # 7 – La tribune du lauréat – Marc Cousineau

A chaque nouvelle acTTTus, la parole est donnée à un lauréat des Trophées de la Valorisation de la Recherche 2019. Découvrez la tribune de Marc Cousineau, lauréat du Trophée Partenariat remarquable.

Marc Cousineau, enseignant-chercheur au Laboratoire de recherche plasma et conversion d’énergie (LAPLACE, CNRS/UT3–Paul Sabatier/Toulouse INP) et à Toulouse INP-ENSEEIHT accompagné de la marraine de la soirée Nathalie Duquesne (LIEBHERR-Aerospace Toulouse).

Laboratoire commun, une évidence pour tous les acteurs
Le projet d’élaboration de laboratoire commun (LCOM [1]) entre le laboratoire LAPLACE et la société NXP est le fruit d’une collaboration de recherche qui s’est étalée sur une période de 10 ans.
Après avoir travaillé dans cette entreprise à l’issue de ma thèse dans les années 2000 à 2003 en qualité de concepteur de circuits intégrés pour l’automobile, j’ai rejoint le LAPLACE pour y mener des activités de recherche sur le contrôle rapproché des convertisseurs de puissance. Nous avons alors maintenu des liens étroits de collaboration sur des sujets de recherche exploratoire par le biais d’encadrement de travaux de thèse.
En 2014, à l’issue d’un dépôt de brevet sur une méthode de contrôle décentralisé de convertisseurs multicellulaires [2], la SATT Toulouse Tech Transfer a accompagné mon activité par le financement d’un programme de maturation pour une montée en TRL3 [3].
Cette invention, pertinente pour adresser la problématique de sûreté de fonctionnement, a rapidement intéressé NXP pour le développement de solutions pour l’électronique des objets mobiles. Une licence d’exploitation a été signée avec l’entreprise accompagnée d’un programme de transfert de la technologie pour permettre l’élaboration d’un produit pour l’automobile. S’en est suivi des collaborations plus ciblées effectuées par le biais de stages de PFE, d’un post-doc et d’une thèse [4].
L’affinité thématique entre les activités de l’entreprise et celle du laboratoire en électronique de puissance dédiée aux systèmes embarqués a mis en évidence l’intérêt d’élargir la collaboration en associant plusieurs équipes de conception et de recherche de part et d’autre. Dès lors, l’élaboration d’un LCOM pour adresser la sûreté de fonctionnement des électroniques de véhicules autonomes est apparue l’option la plus pertinente. Le SEMA (Systèmes Embarqués pour la Mobilité Autonome) est né.
Un partenariat actif et réactif
Parmi les avantages qu’offre la structure d’un LCOM, on peut citer :
  • la rédaction commune d’une convention permettant de définir les accords relatifs à la gestion de la propriété intellectuelle pour l’ensemble des activités menées en son sein,
  • une stratégie de pérennisation de la collaboration offrant une visibilité sur le long terme,
  • une visibilité et un affichage des activités, utiles à la fois en interne pour fédérer les équipes autour de missions communes et en externe en termes de communication auprès de nos partenaires (Aerospace Valley, région Occitanie) et d’attractivité de jeunes talents.
Et surtout, sur un plan plus personnel, cette structure me permet d’amplifier, à l’image d’un effet de levier, l’activité de recherche autour d’une thématique qui m’est chère. Le rayonnement et l’affichage occasionné me permet d’attirer d’autres acteurs du domaine, chercheurs ou industriels, potentiels contributeurs de la dynamique du LCOM. Enfin, des retombées très positives, comme la création de nouvelles formations en fin de cycle d’ingénieur ou de master en lien avec les préoccupations et défis contemporains, deviennent possibles et me permettent d’impliquer très tôt de jeunes diplômés dans l’activité du LCOM.
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[1] Un LCOM est un partenariat entre une unité de recherche et une entreprise, visant à mettre en œuvre un programme de recherche. Il est caractérisé par l’existence d’une feuille de route sur 4 ans, de moyens humains, matériels, d’un volume d’activités menées en commun, de la mise en place d’une gouvernance commune, ainsi que d’une stratégie commune de valorisation du travail collaboratif.
Références :
[2] “Modular Static Converters with Parallel or Series Architecture And Decentralized Modular Control”, French Patent Pub. No. WO/2014/005973 FR 12 56408 the 4 January 2012 (Toulouse-INP/CNRS), and Int. App. No. PCT/EP2013/063784, January 2014, inventeur: Marc Cousineau.
[3] M. Cousineau, B. Cogo, « Interleaved Converter with Massive Parallelization of High Frequency GaN Switching-Cells using Decentralized Modular Analog Controller, » IEEE Energy Conversion Congress & Expo (ECCE), Montreal, Canada, Sept. 20-24, 2015.
[4] M. Mannes-Hillesheim, M. Cousineau, L. Hureau  « Reconfigurable Partial-Decentralized Control of a Multiphase Converter for Fail-Operational Automotive Processor Power Supply, » EPE-ECCE 2019, Genova, Italy, Sep 2-6, 2019.
Pour en savoir plus sur le SEMA : https://www.cnrs.fr/occitanie-ouest/actualites/article/innovation-ameliorer-la-surete-de-fonctionnement-des-electroniques-embarquees