acTTTus #8 – La tribune du lauréat – Delphine Lagarde

A chaque nouvelle acTTTus, la parole est donnée à un lauréat des Trophées de la Valorisation de la Recherche 2019. Découvrez la tribune de Delphine Lagarde, lauréate du Trophée Collaboration en Occitanie.
Delphine Lagarde – Ingénieure de recherche – LPCNOCNRSINSA & Philippe Raimbault – Président de l’Université Fédérale Toulouse-Midi-Pyrénées
L’équipe du laboratoire de Physique et Chimie des Nano-Objets (LPCNO) pour laquelle je travaille est spécialisée dans l’analyse des interactions entre la lumière et la matière à l’échelle microscopique. Nos activités de recherche fondamentale, autour des problématiques de l’électronique de spin et des technologies quantiques, n’ont a priori pas de visée applicative à court terme. A priori…
Pourtant, l’équipe est engagée depuis plus de 30 ans dans la valorisation de son expertise auprès de partenaires publics ou industriels, dans les domaines des télécommunications optiques (Nokia Bell Labs, III-V Lab et APEX Technologies), des nanomatériaux pour le photovoltaïque et la photocatalyse (CIRIMAT à Toulouse) ou des composants électroniques pour le spatial (CNES, ONERA).
Collaboration en Occitanie : partager les ressources et compétences locales
Le laboratoire et plus généralement l’INSA de Toulouse a créé un réseau fort avec les entreprises locales. De là est né un projet de collaboration entre le LPCNO et la PME TRAD Tests & Radiations, basée à Labège.
Spécialisée dans l’étude des effets des radiations spatiales sur les composants et les systèmes électroniques, TRAD réalise notamment des essais de type « ions lourds », c’est-à-dire l’irradiation de composants électroniques par des particules massives à très haute énergie. De telles accélérations de particules nécessitent des infrastructures rares et onéreuses, ce qui devient difficilement compatible avec les programmes spatiaux « bas coût » actuels. Or, il a été récemment montré que, sous certaines conditions, les effets des radiations pouvaient être reproduits par l’utilisation d’impulsions laser ultra-brèves.
TRAD a fait donc appel au LPCNO pour nos connaissances en optique et en moyens laser. Nous avons donc conçu et développé plusieurs bancs laser tirant partie de la résolution spatiale, de l’accessibilité et du coût modéré des chaînes laser pour identifier les régions d’intérêt sur les composants électroniques à base de silicium. Ce banc est désormais intégré et utilisé de manière industrielle chez TRAD.
De la recherche fondamentale à la valorisation
Ce partenariat est parfaitement en ligne avec la politique de valorisation scientifique de la région Occitanie et nous venons d’obtenir un financement Région OccitanieFEDER pour poursuivre nos études via de nouvelles approches innovantes d’irradiation laser sur d’autres types de composants.
Au-delà de l’aspect scientifique, ce projet s’inscrit dans notre volonté d’implication forte dans la formation par la recherche et l’enseignement. Il a contribué et contribuera à la formation d’élèves-ingénieurs. De plus, Maxime Mauguet, qui a collaboré sur ce projet au cours de sa thèse de doctorat, a été embauché par TRAD. L’avenir des doctorants est un enjeu majeur pour mon équipe et pour moi.
Si la valorisation n’apparaît pas comme un objectif chiffré du laboratoire, centré autour de thématiques de recherche fondamentale, elle s’avère toutefois un atout certain pour son intégration dans la société, pour son ouverture au monde économique et pour son implication dans la formation scientifique.